Lavergne Roger

Paru dans le PG-CATM / N° 930 / Novembre 2012

Honneur à notre camarade Roger Lavergne

 

Né le 7 février 1926 à Paris (20ème) vient de nous quitter brutalement le 29 juillet 2012 à l'âge de 86 ans.

Supportant mal  la situation de la France, aux jours noirs de l'occupation, Roger Lavergne, réfractaire au STO rejoint le maquis du Poitou. Alors que Paris et les régions du Nord de la France sont libérées et que tout l'Est du pays est encore sous le joug de l'ennemi. Roger Lavergne s'engage, à l'âge de 18 ans, dans les troupes coloniales pour rejoindre la 1ère Armée Française celle qui allait s'appeler "Rhin et Danube" sous les ordres du général de Lattre de Tassigny et qui combattait alors dans le Doubs et les Vosges.

Affecté à la 9ème DIC, il rejoint début novembre 1944 la 11ème Compagnie du 6ème RIC alors en poste face aux Allemands près de Vermondans dans la boucle du Doubs. Pour Roger, le baptême du feu ne tarde pas car l'offensive visant à libérer Belfort et le Sud de l'Alsace commence le 14 novembre 1944. Son bataillon, d'abord engagé à Vermondans, pénètre en Alsace derrière les blindés jusqu'au Rhin restant au contact d'une tête de pont défendue par les allemands à Loechlé près de Kembs. La bataille, pour réduire cette tête de pont, est déclenchée le 10 décembre 1944 et Roger Lavergne engagé dans un dur combat de rues est touché deux fois par balle. Il est cité pour son courage et son mépris total du danger. Rétabli, il rejoint en mars 1645 la 11ème Compagnie à Strasbourg à la fin de la bataille d'Alsace.

Fin mars 1945, la campagne d'Allemagne commence. La 1ère Armée Française franchit le Rhin et s'engage en Forêt Noire et en Bavière poursuivant la 19ème Armée allemande en une série de combats victorieux jusqu'à l'armistice du 8 mai 1945. C'est au cours de l'un de ces combats, le 18 avril 1945, à Lahr que Roger Lavergne servant au fusil-mitrailleur est à nouveau blessé. Il est cité une nouvelle fois.

Après cinq mois d'occupation en Allemagne, la 9ème DIC embarque vers ce qui allait être un nouvel enfer, l'Indochine.

Le 6ème RIC est engagé immédiatement en Cochinchine dans de violents combats de guérilla. Roger Lavergne s'y distingue encore par sa bravoure et est blessé une nouvelle fois à Bac-Lieu dans le delta du Mékong. Il est cité une troisième fois.

En mars-avril 1946, c'est le débarquement du Tonkin et l'entrée d'Hanoï. Les négociations avec Ho-Chi-Minh ayant échouées, la guerre reprend brutalement en décembre. Il est affecté au Bataillon de Marche/9ème DIC sous les ordres du commandant Langlais, le futur défenseur de Di_en-Bien-Phu. Roger Lavergne participe à de nombreuse opérations dans le delta tonkinois, notamment entre Hanoï et Haïphong.

Rapatrié fin 1947, il sera démobilisé en avril 1948. La médaille Militaire lui sera décernée pour ses brillants états de service ainsi que la croix du Combattant en 1969.

Plus tard, il se voit remettre la plus haute distinction française: Il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur.

Roger Lavergne faisait partie de ces jeunes des années 44/45 qui ont donné l'exemple au peuple de France en partant au combat. Nous devons garder le souvenir de ces soldats qui se sont sacrifiés et ont servi avec abnégation notre pays pour que nous vivions aujourd'hui dans la paix et la liberté.

Jacques Stéfani